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du PSORIASIS

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et d’échanges

Le 15 novembre

Hôpital Kirchberg

Luxembourg


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Eczéma ou psoriasis ?

Docteur Pierre-Dominique GHISLAIN,

Dermatologue UCL, membre du comité scientifique du Gipso


Il n'est pas rare que les patients confondent eczéma et psoriasis, en particulier pour l'eczéma chronique. Il faut d'ailleurs reconnaître que quelquefois, certaines plaques épaisses et anciennes, devenues persistantes, peuvent prêter à confusion.

Plus encore que pour le psoriasis, il convient d'abord de rappeler qu'il n'y a pas « un » eczéma, mais de nombreuses formes très différentes : l'eczéma 'du nourrisson', l'eczéma localisé suite à une allergie de contact à un bijou de fantaisie, l'eczéma diffus toxi-médicamenteux, etc. Ils ne se présentent pas de la même façon, n'ont pas la même origine, et n'évoluent pas identiquement. Seul le traitement symptomatique peut être commun : les corticoïdes locaux soulagent presque toujours des manifestations, sans pour autant traiter une quelconque cause, qui reste à chercher par ailleurs.


A l'origine, 'eczéma' signifie 'sortir en bouillonnant' et 'psoriasis' signifie 'gratter'. Pourtant, les cours de médecine ont longtemps distingué les deux affections par le prurit : important pour l'eczéma, négligeable pour le psoriasis. Nombre de lecteurs de cette revue auront compris que cette distinction est simpliste, voire fausse. Le psoriasis peut démanger beaucoup, selon le niveau de l'inflammation cutanée, mais c'est plus variable qu'avec un eczéma.


L'eczéma, en réalité, est un symptôme. C'est l'expression d'une inflammation cutanée, mais sans la prolifération des cellules de peau (kératinocytes), qui caractérise le psoriasis. L'eczéma peut donc correspondre à de nombreuses causes différentes. Il y a des formes d'eczéma 'endogènes' (« de l'intérieur ») et d'autres 'exogènes' (« de l'extérieur »).

- l'eczéma du nourrisson, en réalité 'dermatite atopique', touche près de 20 % des jeunes enfants mais peut continuer bien plus tard dans la vie et représenter un grand handicap au quotidien, au même titre qu'un psoriasis sévère. Au départ, ce problème n'est pas la conséquence d'une allergie, contrairement à ce qu'on pense souvent. Il n'est donc pas nécessaire de réaliser des bilans allergologiques à l'infini. Il s'agit plutôt d'un défaut de la fonction barrière de la peau. Celle-ci est comme trop fragile et poreuse, et s'irrite très facilement, essentiellement sur le visage puis dans les plis, quand l'enfant grandit. Secondairement, ces enfants sont également plus fragiles que d'autres à développer des allergies, qui provoqueront alors d'autres signes et symptômes, et quelquefois des aggravations de l'eczéma de base. On peut aussi citer la plus grande fréquence de l'asthme, avec quelquefois une impression de passage entre asthme et eczéma.


La dermatite atopique est d'origine génétique, aggravée par des facteurs d'environnement et d'hygiène inadaptée. Elle a classiquement tendance à s'estomper avant l'adolescence.

Les traitements sont locaux (crèmes) : hydratants, produits doux, corticoïdes locaux en cas de crise aiguë, immunomodulateurs topiques… On adapte les activités. Quelquefois, on conseille des cures thermales, une exposition prudente aux ultraviolets médicaux, voire des traitements immunomodulateurs pris par voie buccale. Un nouveau traitement injectable devrait arriver en Belgique d'ici quelques mois et donne beaucoup d'espoirs, même s'il n'est pas encore question d'arriver à 'guérir' véritablement de l'affection.


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